En souvenir

Sœur Jeanne-d'Arc Marquis

"Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta Parole." (Lc 1, 38)

Le 23 avril 2017, sœur Jeanne-d'Arc Marquis,
en religion M.-Cécile-Émilia,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 95 ans dont 61 de profession religieuse.
Née à l'Île-Verte, Québec, elle était la 10e des 15 enfants
de Luc Marquis et d'Émilia Lévesque.

Lorsque Jeanne-d'Arc vient au monde, dans la paroisse St-Jean-Baptiste, déjà cinq filles et quatre garçons la précèdent, le troisième étant décédé à 6 mois. Elle sera rapidement suivie de trois filles et deux garçons. Le père est fermier. Elle grandit dans ce milieu honnête, fervent catholique, où chacun fait profiter l'autre de ses talents. La nature est belle, sur les bords du Bas-St-Laurent, comme en témoignent aujourd'hui les touristes:

"À l’Île Verte on se fait raconter la mer, la mer bleue en été, la mer turquoise à l’automne, la mer glacée en hiver, la mer qui baigne dans la lumière de la lune ou celle du soleil couchant."

Alors que les enfants quittent le nid familial à tour de rôle, Jeanne-d'Arc reste au foyer pour prendre soin de sa mère malade, même si elle a, plus jeune, ressenti l'appel à la vie religieuse. Elle ajoute, aux travaux domestiques, celui de la couture. Après le décès de sa mère, elle sollicite son admission chez les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, où deux de ses sœurs l'ont précédée. Elle est âgée de 33 ans. À sa prise d'habit, elle reçoit le nom de sa sœur entrée chez les Sœurs du Saint-Rosaire et celui de sa mère: Cécile-Émilia.

Pendant 16 ans, assignée à la salle de couture du noir de la maison mère, sœur Cécile-Émilia marque les novices par son accueil, sa bonhomie, son humeur taquine. Nommée ensuite au couvent de Ste-Martine, elle y demeure durant 37 années. Elle y exerce un service joyeux, pacifique, attentif, généreux auprès de ses sœurs comme couturière, coiffeuse et chauffeur.

Pensant à ces années, sœur Jeanne-d'Arc confie: "J'ai ouvert largement mon cœur en prodiguant mes soins à toutes mes sœurs. J'aime beaucoup la campagne. La belle rivière et les beaux couchers de soleil font mon bonheur. Je loue le Seigneur pour tant de bienfaits. Souvent nous avons le goût de chanter: 'Que tes œuvres sont belles, que tes œuvres sont grandes, Seigneur! Tu nous combles de joie!' C'est mon chant préféré!"

A 88 ans, sœur Jeanne-d'Arc arrive à la maison Jésus-Marie où sa sœur aînée, Juliette, est alitée. Se déplaçant en chaise roulante, elle trouve les moyens de lui rendre mille services. Fidèle au ministère de la prière qu'on lui a confié, sœur Jeanne-d'Arc demeure sereine, ouverte au présent, proche des gens. Lucide presque jusqu'à la fin, elle assume son état, nourrie dans la confiance renouvelée de la présence du Seigneur. Sœur Jeanne-d'Arc peut maintenant voir le Seigneur, s'imprégner de la beauté de son Dieu!

Soeur Jeanne Gamache

"La femme qui révère l'Éternel est digne de louange" (Prov.31, 30)

Le 12 avril 2017, sœur Jeanne Gamache,
en religion M.-Jean-Viateur,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 94 ans dont 73 de vie religieuse.
Née à St-Joachim-la-Plaine, Québec,
le 9 juillet 1922, elle était la 7e des 11 enfants
d'Abondius Gamache et d'Émilia Courtemanche.

Jeanne commence ses études à l'école du rang de St-Joachim; elle les poursuit au couvent de St-Lin dirigé par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie.  Elle a 13 ans lorsque sa mère décède; déjà en son cœur, Jeanne désire devenir religieuse. A 19 ans, elle entre au noviciat des SNJM où trois de ses sœurs l'ont déjà précédée.

Les premières nominations de sœur Jean-Viateur l'orientent comme "maîtresse de discipline" dans les pensionnats de St-Lambert, Valleyfield et au petit collège Athanase Forget auprès des enfants du cours primaire.

"Sœur Jeanne accueillait inlassablement les jeunes posant sur eux un regard attentif. Elle a su donner le meilleur d'elle-même pour l'épanouissement des élèves et des professeurs."

Puis sœur Jeanne va à l'Institut familial de St-Lambert comme professeur de couture. Suivent les pensionnats de Verchères et de Beloeil. A 49 ans elle accepte l'enseignement de coupe et couture au Cameroun, en Afrique. Les années suivantes, sœur Jeanne vient de nouveau à Beloeil avant de partir pour Haïti où elle se dévoue durant onze ans: elle fonde un Centre d'arts ménagers aux Gonaïves pour y recevoir des jeunes filles qui ne pouvaient pas aller à l'école en raison de la pauvreté de leur milieu familial. Grâce à son action, après trois ans d'études, ces jeunes réussissaient à obtenir une certification. Expérience missionnaire marquante qui lui fera affirmer:"J'ai vu que quand on manque de tout, on peut quand même sourire et partager le peu que l'on a." 

De retour au pays, sœur Jeanne rend service à l'intérieur de la communauté. Elle consacre également des journées ou des nuits comme intervenante auprès de sidéens, particulièrement aux Hébergements de l'Envol. Pendant vingt ans, elle réside à la maison Albani et partage les tâches locales, elle va aussi aider aux services communautaires de la résidence Ste-Émélie ou à l'infirmerie de la maison mère. Les années filent, sœur Jeanne a maintenant 89 ans,  elle est reçue à la Maison Jésus-Marie où durant les cinq dernières années, elle se dévoue encore, particulièrement à la salle de couture et auprès des sœurs mourantes. Elle consacre aussi plus de temps à la prière.

Par sa facilité de contact, sa simplicité de vie, son ouverture aux besoins de la société et le don d'elle-même, la vie de sœur Jeanne a été un cadeau du Père céleste. Puisse-t-elle maintenant goûter le repos auprès de Lui. 

Sœur M.-Natalie (Denise-Andrée) Pepin

"Mon cœur est prêt, Seigneur, je veux chanter et jouer pour toi." (Ps 57, 8)

Le  1er avril 2017, sœur Denise-Andrée Pepin,
en religion Marie-Natalie,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 88 ans dont 66 de profession religieuse.
Née à Boston, U.S.A., elle était la dernière des trois enfants
de Rodolphe Pepin et d'Édith Phaneuf.

Le milieu familial de Denise-Andrée favorise l'éclosion de ses dons musicaux: son père,  organiste, a étudié à Paris de professeurs célèbres et sa mère est chanteuse et pianiste. Jusqu'à l'âge de seize ans, elle reçoit de son père sa formation musicale. Au niveau scolaire, elle étudie au couvent St-Joseph de Lowell, Mass., puis au Mission High School de Boston, Mass. Elle termine son High School chez les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, au Pensionnat d'Hochelaga, Montréal. Elle revient à Boston pour sa 1re année du B.A. à l'Emmanuel College. L'année suivante on retrouve Denise-Andrée au noviciat des SNJM, à Outremont, Montréal. Elle a 19 ans.

Après sa profession religieuse, sœur Marie-Natalie, tout en enseignant la musique, poursuit ses études universitaires en musique: Baccalauréat, Maîtrise  à l'Université de Montréal et doctorat à l'Université de Boston. Elle partage la vie communautaire à Beauharnois, au Pensionnat du Saint-Nom-de-Marie, Outremont, et principalement à la résidence Édouard-Montpetit durant les trente dernières années avant son séjour à l'infirmerie de Longueuil.

À partir des années ’80, sœur Marie-Natalie enseigne à l'Université de Montréal à plein temps tout en étant professeur à temps partiel à l'École de musique Vincent-d'Indy. À l’UdM, elle devient responsable du département de piano, membre du comité pédagogique, puis directrice de recherche au niveau des Études supérieures. Elle est appelée à donner des conférences pédagogiques et des classes de maître à travers le Canada, en Nouvelle-Angleterre, en Italie et au Texas. Au moment de sa retraite, après 20 ans d’enseignement, elle est proclamée professeur émérite par l'Université de Montréal.

Sœur Marie-Natalie affirme que la musique "est une ouverture extraordinaire sur la beauté. Elle permet de développer l'imagination. La musique permet l'expression directe et accessible de tout ce que l'on vit et nous incite à rechercher une plus grande perfection esthétique."

À 68 ans, la retraite permet à sœur Natalie de diversifier ses activités: cours de conversation française et anglaise à des immigrés, enseignement privé de piano, service de soutien et voiturage auprès de personnes âgées, membre de jury, de comités d'administration…

Au cours des trois dernières années, alors que sa santé baisse, sœur Marie-Natalie se consacre au ministère de la prière à l'infirmerie SNJM de Longueuil. Celle qui a voulu orienter les autres «vers le Bien et vers le Beau» était prête à contempler pour toujours la Beauté incréée! 

Sœur Angèle Blais

"Si quelqu'un entend ma voix et s'il ouvre, j'entrerai chez lui." (Ap. 3,20)

Le 27 mars 2017, sœur Angèle Blais,
en religion sœur Marie-Hormidas,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 95 ans dont 70 de profession religieuse.
Née à St-Pierre-de-Broughton, Québec,
elle était la 14e des 15 enfants de Louis Blais et d'Odile Fugère.

 
Angèle grandit, choyée par les aînés de sa famille. Son père, cultivateur, est surtout très impliqué socialement: maire de la municipalité, marguiller, maître de poste du comté. Sa mère est  joyeuse, accueillante, très dévouée. Profondément chrétiens, ce couple n'hésite pas à atteler les deux chevaux pour conduire tout son monde à l'église. La prière du soir, où tous sont présents, est aussi un moment privilégié de la journée.

Après sa 4e année à l'école du rang, Angèle fréquente l'école du village puis l'école normale de Beauville dirigée par les Sœurs de Jésus-Marie de Sillery. Munie de son diplôme complémentaire, Angèle enseigne, pendant quatre ans, à l'école de son village. Tout ce temps, elle porte en secret le désir de se consacrer au Seigneur: "J'étais alors en cinquième année du cours primaire, quand après la communion j'ai eu la certitude que je serais religieuse. J'ai gardé mon secret dans la joie et l'assurance que tout s'arrangerait pour que je le devienne."

Après le décès de sa mère, Angèle, qui a 23 ans, vient rejoindre ses deux sœurs, Alma et Marie-Anna, déjà sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. Sœur Marie-Hormidas cumule 33 ans d'enseignement, de la 1re à la 11e année dans les écoles de St-Bruno, Chartierville, Ormstown, St-Chrysostome, Ste-Martine, La Patrie, Beloeil, et au pensionnat Marie-Rose à Montréal. Elle s'occupe aussi de la Croisade Eucharistique et de la JEC (Jeunesse étudiante catholique).

"Ses compétences pédagogiques et sa formation teintée d'une spiritualité éclairée lui donnent la joie de voir plusieurs de ses élèves devenir prêtres. Son dévouement n'a d'égal que son désir de servir. Elle a œuvré en mettant tous ses talents au service de l'éducation."

Au début de la cinquantaine, sœur Angèle dont la santé devient chancelante laisse l'enseignement. Des cours de coiffure lui donnent l'habileté nécessaire pour consacrer, comme coiffeuse, onze années au Collège Durocher, tout en aidant aussi à la paroisse. "Son salon de coiffure était un lieu d'accueil, d'amabilité et de repos pour ses compagnes religieuses."

Deux paroisses du diocèse de St-Jean-Longueuil : Saint-Jude et Saint-Jean-Eudes, bénéficient ensuite de son ministère: catéchèse initiatique, aide à la pastorale, participation au chant choral, pastorale des malades et conseil paroissial. Autour de ses 75 ans, on retrouve sœur Angèle à la maison de repos de Val-Morin, où elle accueille les personnes et rend des services communautaires. "Délicatesse, discrétion, dévouement faisaient de sœur Angèle une hôtesse accueillante, attentive, une compagne agréable avec qui il faisait bon vivre."

Pour les membres de sa famille, Sœur Angèle demeurait une ressource, comme le prouve ce témoignage d'une nièce: "Elle fut entourée de ses nièces et ses neveux qui virent en elle une mère trop vite disparue ou une tante, différente des autres par son accessibilité, son franc parler et son tempérament articulé."

Après 10 ans à la résidence Ste-Émélie, durant lesquels elle s’adonne au ministère de la prière, sœur Angèle, à l'infirmerie de la maison Jésus-Marie à Longueuil, reçoit les soins nécessités par son état de santé. Son abandon paisible la dispose à rencontrer face à face Celui qu'elle a adoré avec tant d'amour et qui est vivant en elle et dans l'Eucharistie.

Sœur Rose-Alba Langevin

"Quitte ton pays pour la terre que je te montrerai. Tu seras une bénédiction!" (Gen. 12, 1-2)

Le 22 mars 2017, sœur Rose-Alba Langevin,
en religion Marie-Lauriana,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 97 ans dont 73 de profession religieuse.
Née à Rivière-du-Loup, Québec, elle était la 4e des 11 enfants
de Lauréat Langevin et de Rose-Alba Cantara.

Rose-Alba grandit dans une famille fortement unie du bas du fleuve. Aussi apprend-elle tôt à penser aux autres et à aider les plus jeunes. Souvent dans la conversation on parle de l'évangile.

"Mes parents étaient sévère mais joyeux. Ma mère, très pieuse, avait une grande dévotion au St-Sacrement et à la Sainte Vierge. Mon père, employé du C.N.R. (compagnie de transport ferroviaire), savait nous donner des douceurs. Il aimait la musique classique; il nous réunissait pour expliquer l'évangile du dimanche." 

C'est à une ces occasions, devant le passage évangélique "La moisson est grande et les ouvriers peu nombreux" que Rose-Alba entend intérieurement l'appel à se donner. Jeune fille, elle fait partie de la JOC (Jeunesse ouvrière catholique) et à 22 ans, elle frappe au noviciat des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie à Montréal.

Après sa profession religieuse, sœur Marie-Lauriana passe deux ans comme cuisinière au couvent d'Hochelaga. Puis elle est nommée pour la province de New York, aux États-Unis. Elle apprend l'anglais au cœur du quotidien, y demeure pendant 46 ans, servant à Albany et principalement à KeyWest et Tampa. Résumant sa vie, elle dit sobrement: "Expériences nombreuses, uniques, drôles".  Sens de l'humour? capacité de dédramatiser? Sœur Rose-Alba confie: "J'ai reçu un accueil chaleureux; tout le temps passé là-bas, a été bienfaisant pour moi. Ma priorité a toujours été de garder la santé de mes sœurs: plus de 40 ans de bonheur".  Sa principale nomination: cuisinière. Attentive aux besoins de son entourage, son dévouement ajoute d'autres tâches à mesure qu'elles se présentent: chauffeur, coiffeuse, hôtesse, couturière, commissionnaire… Avec elle, la cuisine et la salle à diner ne sont pas territoires réservés: c'est plutôt le chœur de la maison, le "chez-nous" de toutes et tous.

À 73 ans, sœur Rose-Alba revient au Québec, à la résidence Ste-Émélie, heureuse de pouvoir aider des membres de sa famille qui ont besoin de son assistance. Pendant 18 ans, elle sera pour les sœurs malades une aide précieuse à l'infirmerie.

"Avec beaucoup de compassion. de dévouement et de don de soi, elle se rendait dans différents hôpitaux et cliniques pour accompagner nos soeurs malades. Elle ne comptait ni son temps, ni sa peine, ni ses fatigues; elle n'écoutait que son grand cœur."

A partir de 90 ans, sœur Rose-Alba, à son tour, est soignée à l'infirmerie de Longueuil. Avec quelle reconnaissance elle accepte les attentions reçues. Habitée par le Notre Père, la prière qui a marqué sa vie, dans la paix, sœur Rose-Alba s'ouvre à la contemplation  de Son Père, de Notre Père.

Sœur Gilberte Dargis

"Tu comptes beaucoup à mes yeux." (Is 43, 4)

Le 20 mars 2017, sœur Gilberte Dargis,
en religion M.-Rose-Aldéa,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 88 ans dont 68 de profession religieuse.
Née à St-Louis-de-France, Québec, elle était la  5e
des 13 enfants d'Ernest Dargis et d'Aldéa Buissières.

Gilberte naît dans une famille unie, profondément croyante. Son père, cultivateur, était un travailleur acharné. Sa mère, femme de prière, édifiait ses enfants par son témoignage de foi vécue, incarnée dans le quotidien. Elle mettait l'accent sur la reconnaissance envers Dieu. Tout en aidant à la maison, Gilberte fréquente l'école du rang jusqu'à la 7e année. Le désir de vie religieuse grandit au même rythme que les années:

"Toute petite, je priais. J'ai toujours désiré me faire religieuse. J'aimais me retirer tranquille sans trop savoir que je méditais. À 16 ans, je suis allée faire une retraite fermée. Le prédicateur m'a confirmée dans mon désir."

Après quelques années d'aide à la maison, à 18 ans, Gilberte entre chez les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie: elle vient rejoindre sa sœur Germaine entrée l'année précédente.

Dès les débuts de sa vie apostolique, Sœur Rose-Aldéa sert comme cuisinière; elle le fera pendant plus de 46 ans, dans nos pensionnats Marie-Rose, Longueuil, Ste-Émélie, à la maison mère, à St-Hilaire et au chalet de Saint-Sauveur-des-Monts.

"Elle se sentait utile aux sœurs et aux élèves, mettait toutes ses forces et ses talents à varier les menus et à présenter des plats attrayants." "Bonne compagne, sensible et généreuse, elle a illustré cette affirmation de saint Jean-Paul II: ' Le bien ne fait pas de bruit, la force de l'amour s'exprime dans la tranquille discrétion du service quotidien' ". "Sœur Gilberte était une priante et facilement elle invitait à la prière."

Lorsque sœur Gilberte arrive à la résidence Ste-Émélie son ministère devient multiple: ménage, réception, supervision des grands ménages, cafétéria, lingerie; travail sans bruit et combien responsable pendant 20 ans! À 86 ans notre infirmerie la reçoit pour les deux dernières années de sa vie: elle s'adonne au ministère de la prière et visite fréquemment sa sœur Jeannine déjà alitée.

"Le cœur tourné vers le Seigneur, sœur Gilberte était prête à rencontrer Celui à qui elle s'était donnée."

Sœur Lucie Lambert

"Père, entre tes mains je remets mon esprit" (Luc, 23,46)

Le 14 mars 2017, sœur Lucie Lambert,
en religion M.-Imelda-du--St-Sacrement,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 95 ans dont 74 de profession religieuse.
Née à Maskinongé, Québec, elle était la 2e des 2 enfants
de Donat Lambert et d'Imelda Gravel.


A la naissance de Lucie, le père est déjà décédé d'une courte maladie et la mère, jeune veuve, est revenue habiter chez ses parents. C'est dans leur foyer que Lucie grandit avec son frère aîné. Au rythme de la prière familiale, sa vocation puise ses premières racines. Elle a 15 ans lorsque sa mère se remarie. La famille s'enrichit de quatre autres enfants, les deux derniers alors que Lucie sera entrée en religion.

Lucie fréquente d'abord l'école du rang et à partir de la 4e année, elle est pensionnaire au couvent de Maskinongé dirigé par les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. L'atmosphère du couvent solidifie sa décision de devenir religieuse. Après l'obtention de son brevet complémentaire, elle reste deux ans à la maison pour aider sa mère et à 19 ans elle entre au noviciat des SNJM.

"Quitter mes parents, une nouvelle petite sœur et un petit frère d'un an ont rendu la séparation pénible." Sœur Imelda-du-St-Sacrement est fervente, elle aime apprendre, mais est de santé fragile. Elle aime aussi les enfants. On la retrouve avec les petits de 1re ou 2e année. Les écoles de Montréal-Est, Notre-Dame-de-Bonsecours et Marie-Rose de St-Sauveur-des-Monts bénéficient de son dévouement, respectivement pendant 3, 8 et 12 ans.

À 51 ans, après un an à l'infirmerie, sœur Lucie quitte l'enseignement pour rendre des services communautaires diversifiés: aide au réfectoire et à la bibliothèque, entretien de la lingerie d'église, cuisine, ménages, liturgie, sacristie paroissiale. Pendant 10 ans, sa principale résidence est celle de l'Épiphanie.

"Dans chaque maison où j'habite, je fais partie de la chorale. Chanter c'est prier deux fois; ainsi j'unis ma voix à celle des anges et des saints pour célébrer les louanges du Seigneur."

Sœur Lucie arrive ensuite à la résidence Sainte-Émélie pour apporter sa part aux services de soutien et au ministère de la prière. Elle y demeure pendant 28 ans avant de rejoindre l'infirmerie de Longueuil pour les 4 dernières années de sa vie.

Femme de prière, de délicatesse, de reconnaissance aussi, sœur Lucie peut maintenant rendre grâce au Père céleste, dans la paix et la joie sans cesse renouvelées.

Sœur Odette Bertrand

"Je suis avec vous depuis si longtemps." (Jn 14, 9)

Le 10 mars, sœur Odette Bertrand,
en religion M.-Jean-Denis,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 100 ans dont 77 de profession religieuse.
Née à Saint-Jean-Chrysostome, Québec, elle était l'ainée
des 12 enfants de Delma Bertrand et d'Annette Marcil.

Comme Odette est fragile de santé, elle commence ses premières années scolaires en demeurant chez ses grands-parents qui habitent en face de l'école du village voisin.
"Ma grand'mère tenait à mon éducation et à mon instruction. Avant de partir pour la classe, elle voyait à me faire repasser mes leçons et vérifiait ma mise qu'elle voulait impeccable. Dès que mon frère cadet eut l'âge scolaire, je revins chez-moi pour voyager avec lui à l'école."

L'année suivante, Odette est inscrite au pensionnat des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie. "J'ai fait mes études avec beaucoup de difficultés. Chaque année, ma santé fléchissait et occasionnait de nombreuses absences." Alors qu'Odette a 14 ans et que déjà 6 garçons la suivent, elle doit sacrifier une année scolaire pour aider sa mère. Revenue au pensionnat,  elle réussit à le fréquenter jusqu'à l'obtention de son diplôme d'enseignement élémentaire du Bureau Central. Au contact de ses professeures elle sent le goût de devenir religieuse. Après trois ans à seconder sa mère, prendre soin des plus petits et enseigner pendant un an, à 21 ans, elle obtient difficilement de ses parents la permission d'entrer au noviciat des SNJM: elle était devenue indispensable!

Pendant ses deux années de formation, fréquente est la tentation de regagner le foyer familial: la grande sœur s'ennuie des petits, laissés à la maison et dont elle avait tant pris soin! La première nomination  assigne sœur Jean-Denis à demeurer à la maison mère et à aider à la salle de couture du noir. Elle qui avait hâte d'aller en "mission" et d'enseigner! On l'assure que ce sera pour peu de temps. A sa profession, la nomination l'assigne de nouveau à la confection des voiles des religieuses. Elle y sera pendant 19 ans!

Les 25 années qui suivront verront sœur Odette auprès des élèves comme maîtresse de discipline, dans nos pensionnats de St-Barthélémy, Verchères, Longueuil, Viauville, Mont Jésus-Marie et Marie-Rose. Elle y enseignera aussi la couture et le tricot.

"Sœur Odette maniait aiguille, machine à coudre  et patrons avec dextérité". "Son esprit de service et sa bonté la rendaient attentive aux besoins des jeunes."  "Sœur Odette était perfectionniste, son travail était sans faille et sa tenue soignée."  "Ses œuvres de frivolité impressionnent par leur délicatesse!"

A 67 ans, sœur Odette est nommée à nouveau pour la maison mère, tout en résidant à Rose-Eulalie. Elle travaille à la salle de couture et y ajoute 17 autres années. Fidélité au quotidien!
Lorsqu'elle entre à la retraite, c'est à la résidence Ste-Émélie qu'on la retrouve pendant 8 ans,  vouée au ministère de la prière. De là, la maison Jésus-Marie l'accueille pour les 4 dernières années. A 100 ans dépassés, sœur Odette est prête à rencontrer le Dieu de sa longue vie!

 

Sœur Jeanne-d'Arc Gosselin

"C'est toi qui nous sauves, Seigneur, Dieu de vérité" (Ps 30, 6)

Le 9 mars 2017, sœur Jeanne-d'Arc Gosselin,
en religion Marie-Exilia,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 95 ans dont 74 de profession religieuse.
Née à St-Jacques de Stenson, Québec,
elle était la dixième des 12 enfants
de Georges Gosselin et d'Exilia Dubois.

Jeanne-d'Arc n'a qu'un an quand son père, menuisier, décide de s'établir à Disraéli. C'est là qu'elle étudie chez les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, à l'école Ste-Lucie et au pensionnat. À la maison, elle apprend à prier et à assumer sa part de travail. Devant l'exemple de ses professeurs, elle désire, toute petite, se faire religieuse et à 18 ans, munie d'un diplôme d'enseignement, elle entre chez les SNJM.

Au noviciat, sœur Marie-Exilia doit surmonter l'ennui. Ses nominations successives la ramènent dans les Cantons de l'Est, région qu'elle connaît. Titulaire des classes de 1re et 2e années primaires, elle déploie, pendant près de 34 ans, affection et talent à Scotstown, La Patrie, Chartierville, Disraéli, Waterloo et Sherbrooke. "Avec les plus petits, sœur Jeanne-d'Arc s'est ingéniée à faire grandir leur intelligence et leur cœur."

Une année de repos amène un changement d'orientation. Les couvents de Disraéli, Beloeil, Mont-St-Hilaire, et Ste-Martine la voient comme réfectorière, lingère, réceptionniste. "Elle répond alors avec générosité aux demandes qui lui sont adressées." Elle aide à l'artisanat et à la pastorale. A 77 ans, sœur Jeanne-d'Arc devient membre de la résidence Albani; pendant 13 ans, elle agit comme bénévole à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont et y cumule 1646.50 heures de dévouement. "Elle savait prêter une oreille attentive et aimante aux personnes qu'elle visitait".

Lorsque, il y a 5 ans, sœur Jeanne-d'Arc arrive à la maison Jésus-Marie pour la dernière étape de sa vie, elle est assignée au ministère de la prière. Elle retrouve ainsi avec reconnaissance un temps plus long pour la contemplation et à la prière vocale, qu'elle a toujours chéries. "Par sa présence, elle contribuait à la qualité du vivre ensemble".

Des compagnes témoignent. "La simplicité, la droiture, l'aisance de vivre, malgré une santé limitée, faisaient de sœur Jeanne-d'Arc une compagne agréable, plaisante, qui aimait rire et qui apportait son soutien à la vie communautaire." "Femme de prière et de contemplation, elle était prête à répondre à l'appel du Dieu qui avait nourri sa vie." 

Sœur Florence Tancrède

"Je te fiancerai à moi pour toujours, dans la justice, le droit, la tendresse, la miséricorde."
 (Os.2, 21).

Le 8 mars 2017, sœur Florence Tancrède,
en religion Jeanne-de-la-Croix,
est entrée à la maison du Père.

Elle avait 93 ans dont 66 de profession religieuse.
Née à Ste-Croix de Lotbinière, Québec,
elle était la 6e des 12 enfants de
Delphis Tancrède et d'Alice Bélanger.

Au retour de l'école, ce jour-là, Florence s'empresse de partager avec sa maman la merveilleuse découverte qu'elle a faite: "éternité veut dire de toujours à toujours; la maîtresse nous a dit que Jésus nous aime de toute éternité. Cela veut dire qu'il nous aime de toujours à toujours!" La grâce fait son chemin, alors que Florence passe de l'école rurale au pensionnat puis à l'École normale des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. Munie de son diplôme, elle enseigne pendant 5 ans dans sa paroisse. Elle connaît les CND et pourtant c'est au souvenir d'une amie normalienne qui lui a parlé des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie qu'elle se présente au noviciat des SNJM pour devenir religieuse.

Durant les 13 premières années, sœur Jeanne-de-la-Croix enseigne dans différentes écoles de Montréal et de la rive sud; elle anime aussi la JEC (Jeunesse étudiante catholique). Comme responsable des étudiantes au Collège Jésus-Marie, puis à l'École normale de St-Lambert, sœur Florence fait preuve de son ouverture et de ses talents d'éducatrice auprès des grandes élèves. Après l'expérience d'un projet d'accueil dans une fraternité, elle accepte le mandat de supérieure au Pensionnat de Longueuil; s'ouvre ainsi une nouvelle étape dans la vie de sœur Florence, celle du service d'autorité auprès de ses consœurs. Pendant 33 ans, aux niveaux local ou provincial, elle veille à animer et organiser la vie à Longueuil, Maison-mère, Collège Durocher, Valleyfield, Verchères, Ste-Martine, Ste-Émélie. Ce seront des années de changements, de restructuration.

"Sœur Florence était reconnue pour son dynamisme, sa clairvoyance, sa capacité d'innovation, sa ténacité convaincante au profit de l'avancement spirituel et de la joie de vivre des personnes confiées à sa sollicitude." "Sœur Florence avait la parole claire, interpelante, stimulante."

À partir de l’âge de 81 ans, sœur Florence apporte, pendant plusieurs années, aide, soutien, écoute  à ses compagnes malades ou âgées de la Maison Jésus-Marie. Lorsque ses capacités diminuent, elle poursuit sa vie d'intimité avec Dieu, disponible à Le rencontrer face à face.   

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