Prières et réflexions

Développement et Paix – Caritas 17 avril : Journée internationale des luttes paysannes

Créée en 1996 par le mouvement paysan international la Via Campesina, la journée d’action du 17 avril commémore le massacre de 19 paysans sans terre du Brésil. Elle est aussi l’occasion de célébrer la solidarité et la résistance des mouvements paysans et d’intensifier les alliances entre la campagne et la ville au bénéfice d’un projet de société fondé sur la justice sociale et la dignité des peuples.

En cette journée, Développement et Paix – Caritas Canada tient à saluer les luttes menées par les mouvements paysans à travers le monde. En ce 17 avril, pourquoi ne pas appuyer les luttes paysannes en partageant un repas local et biologique?

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Une procédure simple et de l’aide durable :

  • Vous décidez du montant mensuel que vous désirez partager 
  • Vous pourrez, en tout temps, modifier le montant de votre don ou y mettre fin 
  • Vous recevrez à chaque mois de février un reçu déductible d’impôt pour la totalité de vos dons 
  • Vous recevrez également le rapport financier annuel.

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Billet spirituel-Avril 2018

 

OUVERTES À LA TRANSFORMATION

Les transformations au cœur des événements de la société

…un maître de maison sortit de grand matin afin d’embaucher des ouvrières pour sa vigne. (Mt 20,1)

 

Si le décret du Concile Vatican II Perfectae Caritatis sur la vie religieuse recommandait de tenir compte des traits particuliers du monde d’aujourd’hui (1965), nous avons été servies à souhait avec ce qu’on a appelé la Révolution tranquille, ce temps d’éclatement et d’effervescence sociale, ecclésiastique et religieuse.

Un grand bouleversement

La Révolution tranquille avec son slogan « Il faut que ça change! » a affecté comme jamais le monde de l’Éducation. Sans égard pour les communautés religieuses qui avaient, jusqu’ici, exercé un rôle de suppléance, l’État décidait d’assumer lui-même ses responsabilités. En 1964, il créait le Ministère de l’Éducation et établissait une plus grande cohésion dans son réseau d’éducation publique. Désormais, c’est l’État qui dicterait les programmes, le choix des manuels, la façon de reconnaître les diplômes, etc.

En conséquence, les collèges classiques allaient disparaître pour faire place aux écoles polyvalentes et aux GEGEP. Le réseau public s’étendrait aux régions. La formation des maîtres se ferait au niveau universitaire, donc, c’était la fin des écoles normales et du cours classique. C’était déjà l’amorce de la laïcisation de l’éducation, le statut confessionnel ne reflétant plus la société multiethnique.

Temps de désert

Longue épreuve à surmonter! Malaise chez les enseignantes et défis pour les autorités religieuses! « Le temps de la belle uniformité et du contrôle est révolu » (Dominique Laperle). Au-delà de ses émotions, frustrations, incertitudes, il faut rebondir, envisager l’avenir, négocier, user de créativité, se désapproprier. Les sœurs s’engagent à façonner une nouvelle structure institutionnelle. Ce qui ne se fait pas sans heurts ni tâtonnements, ni résistance, ni désertion de forces vives, déplorant la lenteur de la démarche.

Regard d’un témoin extérieur

Dans son livre Entre concile et révolution tranquille, Médiaspaul 2015,  Dominique Laperle fait le commentaire suivant :

Les sœurs étant désormais minoritaires dans le système scolaire et appelées par Vatican II à intervenir autrement et selon les signes des temps, un processus de redéfinition de l’apostolat s’amorce timidement (…). Plusieurs membres de la congrégation voient cette épreuve comme un moyen de relire l’œuvre de la fondatrice et de la relancer sous un angle neuf.

Charisme et mission

Les sessions capitulaires des années 1967-1968 ont donné lieu à de sérieuses réflexions. On y discutera de vie religieuse transformée; de nouvelles manières d’exister pour et avec les humains de son époque; du besoin d’une spiritualité unifiante et dynamique pour mieux saisir le sens de sa vocation de femme éducatrice, engagée dans une œuvre d’Église au milieu du peuple de Dieu.

C’est ainsi que le charisme se déploiera, que le concept d’éducation s’élargira pour devenir action libératrice, développement de toute la personne, et insertion dans la vie et la mission pastorale de l’Église. Le monde scolaire ne sera plus le principal lieu d’engagement. Les champs d’action se diversifieront pour répondre à une variété d’appels où s’allient foi et justice. Un nouveau souffle est donné à la mission.

La suite des jours

Et depuis, les Actes de nos chapitres généraux s’appliquent à préciser la direction par des appels renouvelés à l’ouverture et à l’engagement. Parmi les valeurs prônées, soulignons : la contemplation dans l’action; la solidarité avec les femmes et les personnes migrantes et réfugiées; la justice et les changements systémiques. Pensons aussi à la responsabilité sociale dans le choix de nos investissements; l’interdépendance pour la mission et pour un monde plus juste; les nouvelles formes d’association SNJM; l’écologie intégrale; l’usage des technologies modernes comme moyen de communication et regard posé sur notre monde.

Osons dire que notre pauvreté en ressources humaines est devenue richesse puisque notre mission est aujourd’hui partagée avec des laïques - personnes associées, coopérantes, laïques consacrées, partenaires. Qu’on pense à la relève institutionnelle dans nos écoles privées, aux professionnelles de nos infirmeries, à nos employé-e-s, etc. Des liens de collaboration se sont créés avec des organismes, des ONG, des congrégations religieuses, des réseaux, dont celui de Justice et Paix. Après consensus, des prises de position collective sont affirmées publiquement : l’accès à l’eau, la traite humaine, les migrants et réfugiés. Elles deviennent pour nous un ministère commun.

 

Moment de réflexion

Avec mon regard d’aujourd’hui, je me demande :

Comment les temps de désert traversés nous ont-ils ouvert des chemins de vie? Comment notre « vivre ensemble » et notre mission y ont-ils gagné ?

 

Nous te rendons grâce, Seigneur,

de nous appeler à approfondir notre mission

et à travailler à un monde meilleur.
Par nos gestes quotidiens, fais de nous

des porteurs et des porteuses
de vie, de paix et d’amour.

Simone Perras, s.n.j.m. avec la collaboration de l'ÉLP

Prière-Réflexion : Poussière d’étoiles

On m’a dit que j’étais Poussière… 

mais jamais on m’a dit que j’étais

POUSSIÈRE D’ÉTOILES.

Est-ce seulement de la poésie?

 

Regardons cette photo prise en 2014 par le télescope spatial Hubble qui nous révèle près de 3000 galaxies lointaines et des milliards d’étoiles cachées dans un coin de ciel que nous voyons vide et blanc. La beauté de l’Univers, reconnaissons-le, n’est pas à notre mesure. Ces chiffres des 100 milliards de soleils qui sont des étoiles dans chacune des 100 milliards de galaxies dépassent toute imagination.

La recherche contemporaine nous amène à découvrir que nous venons des étoiles. Que nous sommes Poussières d’étoiles... Mais comment pouvons-nous affirmer cela?

Lors du Big Bang, il y a de cela 13,8 milliards d’années, l’hydrogène et l’hélium ont été libérés; ils se sont condensés pour former les étoiles et les galaxies. Les étoiles, dans leur alchimie nucléaire, ont libéré les éléments lourds devenus les éléments de la vie. Cela a permis notre existence.

Merveille : nous sommes bel et bien nés des étoiles. De là, notre vie, si précieuse et si fragile!

Nous sommes Poussières d’étoiles, univers miniatures doués de cette faculté mystérieuse : la conscience. Regardons le sol à nos pieds, prenons conscience de notre présence sur la planète bleue, près d’une étoile jaune : le Soleil.   Contemplons la Voie lactée dans cette immense région cosmique aux milliards de galaxies.  Disons avec Hubert Reeves et des scientifiques : « C’est chez-nous. » C’est là « notre Maison commune », comme l’appelle le pape François dans Laudato ´Si.

Incroyable de relire le texte d’Abraham devant cette immensité :

« Dieu conduit Abraham au dehors et lui dit : « Lève les yeux au ciel. Compte le nombre des étoiles, si tu peux les dénombrer. Telle sera ta postérité. » Abraham décida de lui faire confiance (Genèse 15,5).

Quel émerveillement encore plus grand au temps de David qui nous confia le Psaume 8    

O Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand ton nom par tout l’Univers! À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’humain que tu en prennes souci? Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur. Tu l’établis sur l’œuvre de tes mains. Psaume 8

Quel émerveillement! Sans les étoiles, l’Univers serait dépourvu de vie, dépourvu de conscience. Le réalisons-nous? Les éléments de la vie des bêtes, des fleurs, des minéraux ont bien pris naissance dans les étoiles. Tous les noyaux des atomes qui nous constituent ont été engendrés au centre d’étoiles mortes il y a de ça plusieurs milliards d’années. Le calcium de nos dents, le fer de notre sang, l’azote de notre ADN viennent des étoiles. Quelle découverte!

Nous inhalons aujourd’hui les mêmes atomes d’oxygène que Jules César, Einstein, Marie, Mahomet, Gandhi, Jésus, etc. Les scientifiques nous informent aujourd’hui que la matière qui nous constitue provient d’autres galaxies. Ne pourrions-nous pas nous considérer comme des voyageurs spatiaux ou des immigrants extragalactiques?

Et Dieu là-dedans? dit Hubert Reeves

« Le besoin de donner un sens à la réalité et à la vie est une caractéristique générale de l’humanité. »

Chacune et chacun y apporte sa réponse. Des scientifiques doutent. D’autres s’étonnent. Certains développent une spiritualité questionneuse! L’esprit humain étant limité arrivera-t-on jamais à comprendra l’infini de l’Univers? Il restera toujours une part de mystère.

Pour Einstein : « Le plus beau sentiment du monde, c’est le sens du mystère. J’éprouve l’émotion la plus forte devant le mystère de la vie. »

Prenons un moment pour contempler ce grand mystère! (Quelques secondes)

Unissons-nous à celles et ceux qui nous devancent

Nous sommes des poussières d’étoiles : tel est le magnifique message de l’astronomie contemporaine. Des milliers de chercheurs ont participé et participent toujours à sa découverte. Qu’ils en soient remerciés!

Rendons hommage aux bricoleurs de génie qui, dans leurs ateliers ou leurs laboratoires, ont patiemment façonné des télescopes et des instruments d’observation pour la NASA. Ils nous font découvrir les grandeurs de notre Univers. Qu’ils en soient remerciés.

Rendons hommage à nos ancêtres, eux-mêmes venus des étoiles. Les gènes et l’esprit de nos ancêtres, de nos parents nous ont été transmis. Grâce à nous, leur esprit est toujours vivant dans nos cellules. Leur génétique se perpétue dans nos corps pour toutes les générations futures. Qu’ils en soient remerciés.

Rendons hommage aux chercheurs et aux groupes en environnement pour leurs efforts. Ils contribuent à nous rendre conscients des effets dévastateurs de la destruction de notre Terre et des effets de changements climatiques. Quils en soient remerciés.

Unissons-nous à la tradition bouddhiste (Thich Nhat Hanh)

« Le vrai changement ne surviendra que lorsque nous tomberons en amour avec notre planète. Pour eux, seul l’amour peut nous montrer comment vivre en harmonie avec la nature et avec chacun d’entre nous ». Quils en soient remerciés.

Entrons dans le silence

Dieu est l’ami du silence. Les arbres, les fleurs, l’herbe poussent en silence. Regardons les étoiles, la lune et le soleil comment ils se meuvent silencieusement.  (Mère Teresa de Calcutta)

Musique :

   (Photos du télescope spatial Hubble)

Je ferme les yeux.

Je me concentre sur mon corps.

Je répète intérieurement : j’existe. 

J’ouvre les yeux.

Je regarde le monde autour de moi.

Et je me reconnais en disant : « Je suis une poussière d’étoiles ». « Le monde est poussière d’étoiles! »

Ne venons-nous pas de constater une des prouesses les plus prodigieuses jamais réalisées? D’innombrables événements galactiques, planétaires, stellaires depuis 14 milliards d’années nous ont amenés à cette CONSCIENCE. Ne laissons pas mourir notre Terre. Humanisons l’humanité.

Unissons-nous à Teilhard de Chardin et à la théologienne Ilia Delio. Comme plusieurs autres, ils croient fermement que l’amour est le noyau de l’évolution du monde :

« Au plus profond de notre ADN nous appartenons aux étoiles, aux arbres et aux galaxies.

Au plus profond de nous, nous aspirons à l'unité car, au niveau le plus fondamental, nous sommes déjà un.

Nous nous appartenons les uns les autres parce que nous avons la même source d'amour; l'amour qui coule à travers les arbres est le même amour qui coule à travers nos êtres.

Nous sommes profondément connectés dans ce flux d'amour comme fondation de l’Univers. » (Ilia Delio, franciscaine et théologienne)

Allons et que l’amour nous transforme!

Une capsule vidéo de ce texte de réflexion intitulé Poussière d’étoiles, a été réalisée en français par Ingrid Le Fort et des étudiantes du Collège Durocher-Saint-Lambert

Pour retrouver les sources de cette réflexion « Poussière d’étoiles »

  • Google : Poussières d’étoiles
  • Poussières d’étoiles, Hubert Reeves, 1984
  • Laudato’Si, Lettre encyclique sur la sauvegarde de la maison commune, Pape François, 2015
  • Le banc du temps qui passe, méditation cosmique, Hubert Reeves, Seuil, 2017
  • La terre comme soi-même. Repères pour une écospiritualité, Michel Maxime Egger, 2012

-  Priez 15 jours avec Pierre Teilhard de Chardin, André Dupleix, nouvelle cité, 1994 

-  The Occasional Papers, Interview avec Cynthia Bourgeault, Shaping the Planet with Transformed Love, Winter 2017

-Ilia Delio: “On consciousness and christogenesis: Teilhard’s two energies”

 

Pierettte Daviau, fdls et Lise Gagnon, snjm

7e semaine pour l’eau – L'eau : un appel à la bénédiction des personnes bienveillantes !

Par Sœur Raquel de Fátima Colet, religieuse catholique appartenant à la Compagnie des Filles de la Charité de la province de Curitiba/Paraná/Brésil

Réflexion– 7 Semaines pour l’eau 2018

Introduction

La septième réflexion de Sept semaines pour l'eau [lt1] est présentée par sœur Raquel de Fátima Colet, religieuse catholique appartenant à la Compagnie des Filles de la Charité de la province de Curitiba/Paraná/Brésil. Elle est membre du Mouvement œcuménique Curitiba (MoveC). Dans sa réflexion, elle décrit les béatitudes que procurent le respect et la protection de l’eau. Elle explique que « Les Béatitudes (Évangile selon Saint Matthieu 5:1-12) nous présentent la voie qui nous permet de suivre Jésus et de s’engager dans son royaume de l’amour, la justice et la paix. Depuis l'Amérique latine, sa nature exubérante et la vie de nos semblables, nous voulons aujourd'hui proclamer les béatitudes de la bienveillance, par le biais de notre participation prophétique pour encourager un accès équitable et égal à l'eau, comme don et droit universel.

Texte :

Les Béatitudes (Évangile selon Saint Matthieu 5:1-12)

Réflexion

Lorsque nous disons « heureux » et « bénis » », nous proclamons que notre Dieu entend les cris des petites gens, qu’il n’est pas indifférent à leurs causes mais qu’Il prend des décisions pour intervenir en leur faveur (Exode 3:16b). Dans l'exode actuel vécu par notre Maison Commune, l'intégrité de cette dernière est menacée par les intérêts des capitalistes, qui exploitent la vie et la nature. Dans cette attente Pascale, nous effectuons un périple avec notre peuple vers la vie et la foi, vers la terre ruisselante de lait et de miel (Exode 3:8) et de l’eau claire, bonne et partagée.

Heureux les pauvres de cœur, nos peuples amérindiens, autochtones de ces terres et gardiens de leurs réserves d’eau abondante et fraîche. Leur royaume est le royaume des cieux car, en tant que gardiens des eaux, ils nous enseignent le lien sacré avec la terre.

Bénie soit la douceur active dont font preuve tant de groupes religieux et de communautés de ce continent diversifié. En témoignant quotidiennement de leurs croyances et de leurs valeurs spirituelles, ils nous aident à cultiver une attitude d'espérance face aux conflits latents concernant l'accès à l'eau et son utilisation. La terre sera leur héritage parce qu'ils nous invitent à une résistance prophétique non-violente et bien vivante.

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Questions à débattre :

  1. Quels signes des béatitudes du respect de l'eau (expériences, projets, initiatives) pouvons-nous observer dans nos communautés locales ?
  2. Quelles persécutions symboliques et réelles trouvons-nous dans notre quête de justice pour l'eau ?

6e semaine pour l’eau – Les robinets ouverts de l'Amérique latine

Par Jerónimo Granados, pasteur ordonné de l'Église évangélique du Rio de la Plata

Réflexion– 7 Semaines pour l’eau 2018

Introduction

La sixième réflexion de la campagne Sept semaines pour l'eau est présentée par Jerónimo Granados, pasteur ordonné de l'Église évangélique du Rio de la Plata. Cette réflexion reconnaît la promesse de l'eau vive, l'eau qui assouvit la soif du monde pour Jésus Christ. Néanmoins, le pasteur souligne l'importance pour les populations d'Amérique latine d'avoir accès à l'eau potable, qui joue un rôle fondamental dans la garantie d'une vie digne. Il s'inspire également de la « Pachamama » des peuples autochtones de cette région pour respecter et protéger nos eaux.

 

Texte:

À celui qui a soif, je donnerai de la source d'eau vive, gratuitement

(Ap 21,6)

Réflexion:

Dans les années 1970 fut publié un essai très important pour le continent sud-américain: « Les Veines ouvertes de l'Amérique latine »[1]. Son auteur, l'écrivain uruguayen Eduardo Hughes Galeano, offre un aperçu critique de la situation dans le sous-continent formé par l'Amérique latine et les Caraïbes, depuis sa colonisation jusqu'au XXe siècle. À cette époque, le principal problème était la pauvreté endémique qui touchait de larges pans de la société, profondément marginalisés en raison du chômage, de l'injustice sociale et de la famine. Aujourd'hui, nous pouvons clairement ajouter la «soif», ou les conséquences inhérentes à l'absence d'infrastructures nécessaires à la fourniture des services de base, dont l'eau et l'environnement sain qu'offre celle-ci lorsqu'elle est correctement distribuée, ou du moins non polluée. À cette époque, le sujet de l'eau figurait rarement aux agendas des différents gouvernements. Aujourd'hui, l'eau est considérée comme un droit inaliénable, l'absence de cette ressource pouvant gravement compromettre les chaînes alimentaires et sanitaires. En dépit de l'abondance de nourriture (par exemple, la production agricole de l'Argentine pourrait nourrir dix fois sa population[2]) et d'eau, certains pans de la société ont à peine de quoi se nourrir sainement et ne disposent d'aucun réseau d'eau ou d'assainissement. Les villes sont les plus touchées, et de nombreuses catégories sociales souffrent du manque de ces services de base.

Dans la Bible, la Genèse nous parle de l'origine du monde, et l'eau, qui apparaît comme un élément constitutif de la création, est utilisée comme métaphore, outil pédagogique et parabole pour décrire les meilleures et les pires conséquences de ses actions. Néanmoins, la description de cette ressource gravite beaucoup autour de ses aspects positifs. Cette eau, qui apparaît dès le début de la Genèse, se trouve non seulement dans les mers, les rivières et les lacs, mais aussi dans les aquifères, et ce, en abondance. Une partie de la terre flotte au-dessus d'immenses mers d'eau douce souterraine.

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Questions:

  1. Les plus démunis paient un lourd tribut sur les plans de l'eau et de la santé. Quelles sont les politiques les plus appropriées en vue de prévenir cette injustice sociale?
  2. Pourquoi y a-t-il une peur de la militarisation, voire des guerres autour des réservoirs d'eau?
  3. Où pouvons-nous trouver des paradigmes éthiques pour la préservation de la nature et de l'eau en tant que bien fondamental?

5e semaine pour l’eau - BIEN VIVRE : LA VOIE QUI MENE A L’ESPOIR – une perspective équatorienne!

Par : Veronica Flachier, journaliste et théologienne équatorienne

Réflexion– 7 Semaines pour l’eau 2018

Introduction

La cinquième des sept réflexions du programme « Sept semaines pour l'eau » présentée par Veronica Flachier, examine la Constitution équatorienne et son Plan national pour l'égalité des sexes et l'éradication de la pauvreté. Vivre, l'or « Sumak Kawsay », comme une alternative au soi-disant "développement", et promouvoir la vie en harmonie et en équilibre avec la Terre Mère et l'Eau Mère.

« Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive, et quiconque croira en moi, des fleuves d'eau vive jailliront de lui, comme l'a dit l'Écriture » (Evangile selon saint Jean 7: 37-38) (TOB)

« Je suis venu pour que les brebis aient la vie et l'aient en abondance. » (Évangile de Jean 10:10) (LSG)

Réflexion :

L'état des ressources en eau en Amérique latine.

L'Amérique latine, avec son vaste territoire qui s'étend du sud de Río Bravo (Grande) à la Terre de Feu, est l'une des régions les plus riches du monde et, en même temps, l'une de celles qui connaissent les plus grandes inégalités. Il existe un écart très important entre les quelques-uns qui détiennent le plus de richesse et de pouvoir, et la grande majorité de ceux qui vivent dans la précarité. Cet se reflète dans tous les aspects de la vie communautaire pour les habitants des pays d’Amérique Latine.

En ce qui concerne le problème qui nous intéresse ici, l'Amérique du Sud, avec 33% des ressources mondiales en eau renouvelables, détient le record mondial de la disponibilité en eau. Ses 3100 m3 d'eau par habitant et par an représentent le double de la moyenne mondiale par habitant. Pourtant, une mauvaise gestion des ressources en eau a créé beaucoup d’inégalités en termes d’accès à l’eau potable dans cette région du globe.

Selon les données de la Banque de développement de l'Amérique latine, 2 sud-américains sur 5 dans les zones rurales n'ont pas accès à l'eau potable ni à l'assainissement.

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4e semaine : LA LUTTE QUOTIDIENNE POUR L'EAU, SURTOUT CELLE DES FEMMES

Par : Rev. Adelaida Jiménez Cortes

Réflexion– 7 Semaines pour l’eau 2018

Introduction

La quatrième des sept réflexions du programme "Sept semaines pour l'eau est présentée parla Rév. Adelaida Jiménez Cortes, pasteur de l'Église presbytérienne de Colombie. Titulaire d'une maîtrise en études théologiques, elle est actuellement candidate au doctorat en éducation avec spécialisation en médiation pédagogique. Dans sa réflexion, elle établit un parallèle entre la situation d'Agar, qui a eu pour défi de survivre et d'épargner son fils Ismaël au sein d'un désert aride, et celle d'un village de la région au nord de la Colombie au sein duquel les femmes sont socialement tenues « responsables » pour procurer de l'eau à leurs familles malgré la pénurie d'eau.

Texte :

Genèse 21:14-19

RÉFLEXION

Quand nous pensons à l'eau, des milliers d'images de notre pays nous viennent à l'esprit. La Colombie est considérée comme l'un des pays les plus riches au monde en ce qui concerne les réserves d'eau ; ses bassins sont un immense trésor, les rivières qui jaillissent des hautes montagnes traversent une grande partie du pays. Cependant, il est également important de reconnaître que les réserves d'eau et les eaux stagnantes ont été menacées par le modèle économique, les projets miniers de grande envergure et les projets de développement urbains que le gouvernement colombien est responsable d'avoir approuvés sans tenir compte du tarissement de ces sources d'eau. Selon Boff et Hathaway, ils émettent l'opinion que « notre monde est dominé par un système pathologique, incontrôlable, qui, laissé à lui-même, menace de détruire la planète » (36).

De même, des images de l'eau au sein des Écritures bibliques me viennent également à l'esprit. C'est précisément ici que le récit d'une esclave, étrangère et concubine, nommée Agar, nous relate ses souffrances et la nouvelle vie qu'elle a trouvée à travers l'eau. Dans la Genèse 21:14-19, nous retrouvons le pain et l'eau comme symboles de prédilection de subsistance. Agar, qui réside au cœur d'une structure patriarcale, doit subir tout un système d'oppression au sein duquel elle est offerte à Abraham par Sarah dans le but d'assurer sa descendance. Agar est confrontée aux adversités d'un système socioculturel qui la rejette et qui ne met entre ses mains qu'un morceau de pain et une outre d'eau avant de la renvoyer dans le désert. Il est possible que certains aient pu penser qu'Abraham était un homme aimable, mais non. Si nous y réfléchissons bien, il ne s'agit là que d'une bien maigre portion qui ne subsisterait pas longtemps pour un long voyage en plein désert.

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SUJETS À DÉBATTRE :

 Qui profite du commerce de l'eau au sein de chacun de nos environnements locaux ?

  1. Quelles actions pouvons-nous engager afin que les réserves d'eaux libres soient exemptes de contamination et pour que l'eau soit une source d'espoir pour tous ?
  2. Pensez-vous que, dans la plupart des cas, la responsabilité du fardeau concernant l'approvisionnement en eau pour la famille incombe de façon disproportionnée aux femmes ?

Semaine 3 pour l'eau

Texte français non disponible pour le moment

Prière et réflexion sur la traite des êtres humains

Thème 2018: Traite et Migration

Date : 8 février 2018

Fête : Mémoire de Sainte Bakhita

Introduction

Un signe pour la prière: Dès l’entrée, au tout début, on remettra à chaque participante un bracelet de ruban. Chacune attachera son bracelet à celui des personnes de son entourage, formant ainsi une sorte de chaîne (la chaîne sera détachée au dernier moment de la prière).

-     Définition du thème de la traite des êtres humains : concept, histoire, statistiques

« L’esclavage moderne – sous la forme de la traite des êtres humains, du travail forcé, de la prostitution, du trafic d’organes - est un crime contre l’humanité ».

(Déclaration commune aux leaders de la lutte contre l’esclavage moderne, 2 décembre 2014).

Dans le monde, des dizaines de millions de personnes subissent la traite des êtres humains et la majorité d’entre elles sont des femmes. Malheureusement, au cours des dernières années, le pourcentage de mineurs des deux sexes a considérablement augmenté. C’est un phénomène changeant et caché qui rend difficile une évaluation précise de son importance. Cette traite s’additionne et se confond avec l’immigration clandestine, avec l’emploi de travailleurs migrants dans des conditions proches de l’esclavage, avec l’enrôlement forcé de femmes dans le commerce sexuel ou leur recours à des mariages de convenance.

La traite des êtres humains, avec les marchés illégaux de la drogue et des armes, engendre des économies frauduleuses de 150 milliards de dollars par an (d’après les données fournies par l’Organisation internationale du travail, 2015). La vie humaine devient un objet commercialisable et exploitable à des fins de profit, s’exprimant par des travaux forcés ou humiliants dans divers secteurs de l’économie, par l’exploitation sexuelle ou l’esclavage domestique. Bon nombre de personnes se voient obligées de contracter un mariage, d’adhérer à des organismes criminels, et de subir des mutilations dues à des extractions d’organes, ou sont livrées à la mendicité.

(Site Web de Talitha Kum).

La traite des personnes peut s’instaurer soit au niveau provincial, national ou international. Elle peut se manifester dans tous les pays. Par exemple, le Canada est à la fois un pays de source, de transit et de destination.

  • Thème de la Journée Mondiale de prière et de sensibilisation à la traite des êtres humains.

Le thème de la Journée Mondiale de prière et de sensibilisation à la traite pour l’année 2018 met en relief la tragédie humaine de la traite chez les personnes déplacées : les migrants, les réfugiés, les expatriés. Elle nous appelle à ouvrir les yeux face à ce problème qui touche tant d’hommes et de femmes qui sont nos frères et sœurs.

La traite d’êtres humains et le trafic vécu à l’égard des émigrants sont deux réalités distinctes mais qui sont profondément liées entre elles. Les migrants dépourvus d’un visa valide sont vulnérables à l’exploitation. L’état de fragilité dans lequel ils se trouvent en font des proies faciles pour le trafic sexuel et celui du travail. Ainsi, des réfugiés et des migrants se voient soumis à des horaires de travail inhumains, pour une paye infime tout en étant obligés de s’acquitter de la dette contractée lors des déplacements; bon nombre de migrants finissent par recevoir des lettres de menaces et d’intimidation s’ils ne parviennent pas à rembourser leur dette. Certains d’entre eux passeront pour disparus, après avoir succombés à un prélèvement d’organes.

À l’heure de la globalisation, le flux migratoire est en croissance. Face à ce fait, dans beaucoup de pays, des mouvements politiques affirment leur opposition en bloquant l’entrée des migrants. Ceci augmente leur vulnérabilité. Les risques de la traite atteignent tout autant celui qui quitte sa terre pour un autre pays que celui qui est déjà installé dans un pays étranger, son intégration étant rendue plus difficile par des manifestations de racisme, de discrimination raciale et de xénophobie.

En cette Journée Mondiale de prière et de sensibilisation à la traite, nous sommes invitées à accompagner par une prière continue et par nos efforts, le souci qu’exprimaient les Nations Unies lors de leur Assemblée générale de haut niveau en 2016 ayant pour thème les flux migratoires (Global Compact for Migration). Lors de l’Assemblée plénière, les chefs d’État et les gouvernants de 193 pays adoptaient un document final sur la gestion des déplacements massifs de réfugiés. Ce thème devient pour tous les États un souci commun et demeure un des points principaux à leur ordre du jour.

Mettons cette réalité au centre de notre vie, et ouvrons-nous du fond du cœur à l’accueil, à l’espérance et à la rencontre. Faisons place à la liberté en combattant l’esclavage.

-    Évangile de Luc: Lc 10, 25-37

Parabole du bon Samaritain

Pour mettre Jésus à l’épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question: «Maître, que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle?» Jésus lui demanda: «Dans la Loi, qu’y a‑t-il d’écrit ? Que lis-tu ?» L’autre répondit : «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : «Tu as bien répondu. Fais ainsi et tu auras la vie.» Mais lui, voulant montrer qu’il était un homme juste, dit à Jésus : « Et qui donc est mon prochain ? » Jésus reprit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits; ceux-ci, après l’avoir dépouillé, roué de coups, s’en allèrent en le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit; il le vit et passa de l’autre côté.  Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui; il le vit et fut saisi de pitié. Il s’approcha, pansa ses plaies en y versant de l’huile et du vin; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : « Prends soin de lui; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai. » Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme qui était tombé entre les mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Réflexion  Qui est mon prochain dans le contexte de cette réflexion sur la traite humaine?

  •  Personnes âgées : ce qu’elles peuvent espérer

Témoignage : un témoignage qui contient à la fois la douleur et l’espoir de ceux et celles qui attendent le retour d’un membre de la famille.

Lettre d’une mère

« À la nouvelle de ce qui est arrivé à ma fille (victime de la traite), j’ai ressenti un vide dans mon cœur et un froid glacial a envahi mon corps. Mais j’ai prié Dieu, promenant mon regard sur mes deux petits-enfants : cela m’a donné la force de continuer. Il n’était guère facile de cesser de pleurer, mais tous les jeudis et dimanches, j’allumais un cierge et je demandais à Dieu de prendre soin de ma fille. Comme j’étais loin de ma fille, les gens me posaient des questions sur ce qu’elle vivait et cela me coûtait beaucoup de répondre. Je mentais en disant que sa santé n’était pas très  bonne  et  que  c’était  la  raison  de  son  silence…  Mais  il  semblait  qu’on m’arrachait la vie! Après tout un temps de souffrance, j’ai appris que tu t’en occupais (Sr Patricia), et je me sens soulagée, car elle est entre bonnes mains et dans un lieu sûr.  Mon seul désir aujourd’hui est de la revoir et de pouvoir parler avec elle. Je continue à prier pour qu’elle aille bien. »

Questions pour la réflexion et le temps de silence

  • Mets-toi à la place des personnes qui agissent dans ce témoignage.
  • Si j’étais dans la même situation, que ferais-je ? Quelle serait ma réaction ?
  • Ce témoignage correspond-il à la réalité qui se vit dans mon pays et dans ma ville ?
  • Quelle est la prière que j’adresse à Dieu ?

Partage ou expression d’une prière

CONCLUSION

  • Prière d’engagement 

Dans l’aujourd’hui de notre histoire, à l’heure où les flux migratoires sont en croissance, nous confirmons notre choix du Dieu de la vie, en lui exprimant nos préoccupations par cette prière :

Lorsque nous entendons parler de petits garçons, de petites filles, d’hommes et de femmes que l’on trompe et qu’on emmène vers des lieux inconnus afin de les soumettre à l’exploitation sexuelle, au travail forcé, et à la vente d’organes, notre cœur se soulève d’indignation et notre esprit souffre parce que leur dignité et leurs droits sont violés par l’usage de menaces, de tromperies et de violence.

O Dieu, aide-nous à lutter contre toute forme d’esclavage. Avec Sainte Bakhita, nous te demandons que soit mis fin à la traite des êtres humains.

Donne-nous la sagesse et la force qui nous permettront de nous situer aux côtés de ceux qui sont blessés dans leur corps, dans leur cœur et dans leur esprit, pour que nous obtenions ensemble la promesse de vie et de cet amour tendre et infini que tu offres à nos frères et sœurs exploités.

Touche le cœur des responsables d’un crime aussi grave et soutiens l’engagement que nous prenons à travailler en faveur de la liberté, ce don que tu as fait à chacun de tes enfants. Amen.

  • Signe: on défait la chaîne et chaque participante emmène un des bracelets en souvenir de cette prière et réflexion sur la traite, comme témoin de l’engagement pris face aux réalités de la traite et de la migration.

Billet spirituel – Janvier 2018

OUVERTES À LA TRANSFORMATION

Les transformations au cœur des événements de l’Église

Laissez Dieu vous transformer

et vous donner une intelligence nouvelle.

Vous pourrez alors discerner ce que Dieu veut :

ce qui est bien,

ce qui lui est agréable et ce qui est parfait. Rm 12, 2

Poursuivant notre re-lecture des 175 ans d’existence de notre Congrégation SNJM, nous ne pouvons manquer d’être saisies par deux événements majeurs qui ont marqué à jamais notre destin communautaire. Il s’agit, bien sûr, du Concile Vatican II et de la Révolution tranquille vécue au Québec dans les années 60. Attardons-nous aujourd’hui au premier événement.

Dès le début de son pontificat, le pape Jean XXIII  a voulu donner un  nouveau souffle à l’Église. Et il convoqua le Concile Vatican II. Une œuvre de foi et de courage que poursuivra Paul VI, son successeur. L’un des décrets : Perfectae Caritatis (Recherche de la charité parfaite) s’adressait aux congrégations religieuses et les pressait d’entreprendre un aggiornamento, une rénovation spirituelle de la vie religieuse. Un défi de taille!

Il s’agissait de nous mettre à l’écoute de l’Esprit pour entendre les appels de ce décret :

  • à suivre le Christ des Évangiles,
  • à mieux saisir l’inspiration première qui a animé notre fondatrice (charisme), 
  • à communier à la vie de l’Église par une mise à jour de nos connaissances bibliques, théologiques, pastorales, œcuméniques, missionnaires, sociales,
  • à discerner « les signes des temps » et les besoins de l’Église.

Concrètement, ce décret nous demandait de réviser nos constitutions, coutumiers, livres de prière, pratiques courantes, etc., afin d’être des disciples pour notre temps.

Notre Congrégation a répondu à cet appel avec sérieux, conviction et enthousiasme. Plusieurs sœurs ont apporté une contribution remarquable par leurs recherches et leurs écrits, leur travail de révision et de réécriture des Constitutions. Également, par les échanges communautaires, la participation aux chapitres généraux et diverses formes d’animation.

Quelques documents témoins

Le sommaire du 24e Chapitre général (1967) présentait les principes et les changements approuvés. Il invitait, entre autres, à plus de flexibilité par rapport à la vie spirituelle et communautaire, pensons aux fraternités... À plus d’adaptation à la vie réelle : nom civil, habit, visite dans sa famille, budget personnel, etc. À plus de participation et de responsabilité personnelle. Bref, à tenir davantage compte des exigences de la vie apostolique.

Le document À l’écoute de l’Esprit paru en 1968 venait en quelque sorte donner un esprit à ces changements. En voici un extrait significatif :

La figure de notre fondatrice nous incite à avancer (…) dans des voies de rénovation spirituelle et d’adaptation aux exigences des temps (…). Pour répondre à cette urgence, notre communauté repense la formation de ses membres, rajeunit ses structures, dans un esprit de service à l’Église et d’ouverture au monde; elle élargit l’éventail de ses activités apostoliques; elle approfondit, grâce aux lumières de la théologie rénovée, le sens de la vie consacrée. (p. 3 et 4)

Les Actes du 26e Chapitre général (1976) présentaient l’énoncé de notre charisme, ensuite formulé dans nos Constitutions et Règles (1985) :

En fidélité à l’esprit de notre fondatrice, nous sommes une communauté de religieuses  consacrées à Dieu, aux noms de Jésus et de Marie, et nous voulons,  par notre vie, proclamer la primauté de l’amour de Dieu. Animées par une charité active, nous collaborons à la mission éducative de l’Église par l’éducation chrétienne, surtout celle de la foi, avec un souci particulier pour les pauvres et les défavorisés.       (Constitutions No. 5)

Ces mêmes Constitutions nous engagent, sur les pas de Marie-Rose Durocher, à vivre notre consécration religieuse en termes d’appel et de réponse à Dieu. Elles nous incitent à servir ensemble, au nom de Jésus, par la chasteté qui est élargissement de notre capacité d’aimer; par la pauvreté qui est partage, solidarité, simplicité de vie et promotion de la justice; par l’obéissance qui est recherche commune de la volonté de Dieu; par l’actualisation de notre charisme centrée sur le plein développement de la personne.

Plus récemment, les Actes du 34e Chapitre général (2016) nous invitent à une vision renouvelée:

Dans un esprit de contemplation, nous puisons dans l’Évangile et dans la vision fondatrice de la bienheureuse Marie-Rose Durocher le courage d’avancer dans une vision renouvelée. Que l’Esprit nous incite à nous laisser interroger par les questions émergentes de notre temps. Que nous puissions agir avec audace et liberté en élargissant nos cercles de collaboration, en imaginant notre mission sous un jour nouveau, mission ouverte pour le bien du monde, de l’Église et de toute la Terre. (page 5)

Réflexion

Comment Vatican II a-t-il suscité ouvertures et transformations dans notre vie de prière, notre vie communautaire, nos engagements apostoliques?

Quel chemin avons-nous parcouru ensemble depuis 60 ans?

Action de grâce

Loué sois-tu, Seigneur,

pour ton Souffle inspirateur

qui a transformé nos vies.

Loué sois-tu d’avoir ouvert nos esprits et nos cœurs

à de nouveaux horizons et de nouvelles initiatives.

Garde-nous toujours sensibles

aux appels d’aujourd’hui et de demain.

 

Simone Perras, s.n.j.m. en collaboration avec l’ÉLP
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