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La Commission Vérité et Réconciliation

Montréal, 24 au 27 avril 2013

C’est un privilège que d’avoir entendu ces histoires pénibles vécues par des autochtones dans les pensionnats.
 
Ces personnes se sont ouvertes à nous dans une grande confiance voulant faire un bout de chemin vers la réconciliation et vers une compréhension plus grande entre nos deux nations.
 
Tout s’est passé dans un immense respect de la douleur de l’autre, dans un regard d’accueil et de compassion comme si on marchait sur la pointe des pieds dans un lieu sacré. C’est dans cet état d’esprit que j’ai participé à cette Commission.
J’ai entendu deux hommes exprimer par des poèmes leur histoire pénible, la réalité crue étant difficile à nommer par les mots du quotidien. J’ai écouté une jeune fille, en larmes, raconter que son père venait de lui révéler son passage difficile dans un pensionnat.
 
J’ai accueilli avec étonnement la difficulté d’un autochtone à révéler son secret, jamais dévoilé à sa famille : « Comment vont-ils réagir si je leur dit cela ? Ma famille va-t-elle survivre à cette révélation ? Comme j’aurais aimé naître « blanc, être un blanc »…
Une autre prise de parole m’a marquée, celle de cette femme, qui est maintenant grand-mère,  qui se rappelle encore de la petite fille de cinq ans que l’on a arrachée à ses parents pour l’amener au pensionnat. « Je n’étais qu’une enfant, répète-elle ! »
 
Quel tort nous lui avons fait ! Il fallait arracher l’indien en elle par ce séjour dans un pensionnat ; il fallait l’inculturer ! l’assimiler !...lui apprendre nos valeurs, notre langue et nos coutumes. …
Nous avons eu la possibilité d’entendre des histoires troublantes de la part de nos sœurs et de nos frères autochtones,  nous connaissons davantage leurs souffrances ; maintenant une nouvelle voie s’ouvre à nous, celle de l’authenticité et de la vérité de notre histoire canadienne  dont nous ne pouvons faire abstraction.
 
Nous avons aussi ouvert des chemins de réconciliation par des déclarations courageuses, fortes et puissantes.
 
Puissent tous ces gestes, ces paroles et ces échanges n’être que le début de nouveaux dialogues et de nouvelles avenues de collaboration avec les Premières Nations.

Claudette Bastien
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