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Les religieuses se mobilisent en faveur des femmes incarcérées

À la suite de la prise de position publique des Sœurs du Bon Conseil en faveur de la défense des droits des détenues, l’Association des religieuses pour les droits des femmes (ARDF), sous la plume de sa secrétaire, Sr Céline Beaulieu, cnd, a transmis une lettre au ministre de la Sécurité publique, M. Coiteux.

L’Association des religieuses pour les droits des femmes regroupe 34 communautés religieuses féminines. Les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) sont membres de cette association depuis le début de l’organisme qui a souligné ses 30 années d’existence lors de sa récente assemblée générale. Sr Constance Létourneau agit comme représentante de la congrégation, appuyée par Sr Jeannine Cornellier. Cette dernière est une militante fidèle, étant là depuis la fondation de l’organisme en 1986.

L’envoi de la lettre de l’ARDF après celle des Sœurs du Bon Conseil a suscité l’intérêt des médias dont Le Devoir et le site d’information religieuse Présence Info. Depuis, le Service Intercommunautaire d’Animation Franciscaine (SIAF) a également transmis une lettre officielle au ministre alors que d’autres congrégations songeraient à emboîter le pas.

Entretemps, la directrice générale de la Société Elisabeth Fry, madame Ruth Gagnon confirmait l’importance d’un tel appui des religieuses. « Obtenir un tel appui de la part de tant de communautés religieuses, c'est très positif. Cela envoie un message aux femmes incarcérées qu'elles ne sont pas une quantité négligeable. Des personnes aussi respectables que des religieuses prennent position sur des décisions gouvernementales qui les affectent. »

Nous reproduisons ci-dessous la lettre transmise au ministre.

Montréal, le 29 avril 2016

M. Martin Coiteux

Ministre de la Sécurité publique

10, rue Saint-Antoine Est, bureau 11.87
Montréal (Québec) H2Y 1A2

 

Monsieur le Ministre,

Votre gouvernement a pris, en septembre dernier une décision administrative aux conséquences déplorables, fermer la seule prison pour femmes au Québec, l’établissement Tanguay, et transférer les détenues dans une prison conçue pour des hommes, l’Établissement de détention Leclerc.

Vous avez justifié la fermeture de Tanguay par la désuétude de l’établissement carcéral. La décision a donc été prise de renoncer aux nécessaires rénovations qu’auraient méritées les femmes qui y vivaient leur réhabilitation et ce, à la faveur des services d’un personnel formé et expérimenté. Permettez-nous d’émettre l’hypothèse qu’au bout du compte, les économies réalisées, dans un contexte d’austérité, auront un coût économique et un coût humain que nous aimerions vous voir regretter.

Vous avez opéré un changement aux conséquences concrètes sur le quotidien des détenues. Des témoins directs manifestent les carences criantes de ces lieux qui auraient dû minimalement être adaptés à la population qui y a été transférée. Plus que tout, la situation nous indigne en raison du mépris de la dignité et des droits légitimes des femmes ainsi bafouées. Alors que les centres de détention ont pour mission de procéder à la réhabilitation et de préparer la réinsertion sociale des personnes qui y purgent des peines, les conditions auxquelles elles sont soumises sont de nature à les détériorer physiquement et psychologiquement.

Endossant et appuyant la démarche de nos consœurs de l’Institut Notre-Dame du Bon Conseil de Montréal évoquée dans Le Devoir du jeudi 28 avril, nous réclamons de vous,  monsieur le ministre, que vous procédiez sans tarder aux investissements requis pour rendre ce milieu carcéral plus humain, plus digne et plus conforme à sa mission.

Respectueusement,

L’Association des religieuses pour les droits des femmes

Par Céline Beaulieu, secrétaire

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